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"Le verbe s´est fait danse"

La Provence Marseille - France, par Marie-Eve BARBIER; Juillet 2014

Loin de la provocation gratuite, Un diario de una crucifixión  ("le journal d'une crucifixion") du chorégraphe Tino Fernandez, présenté au festival de Marseille, est un solo troublant qui vous scotche à votre fauteuil. Le danseur Angel Avila, enfermé dans sa cage en plexiglas, à mi-chemin entre la papamobile et le reliquaire, livre en effet une performance admirable. On assiste à sa métamorphose médusé. Celle-ci touche au sublime, croisant les références picturales, celle de la peinture de Velazquez et du tableau de Francis Bacon représentant le pape sur une chaise électrique (Étude du portrait du pape Innocent X).

Angel Avila atteint un état de  transe en passant par différentes étapes: d´abord le rituel de l'habillement lorsqu'il revêt son habit papal. Ensuite par le regard perçant et la bouche ouverte qui en réfère à Bacon. Suivent des corps à terre, puis par une danse contre la paroi de la cage, embuée par le souffle du danseur :  la pièce atteint son paroxysme.

Son solo est sacrilège, puisque le danseur finit nu et mêle différentes références. Et pourtant, il est fidèle  à l'esprit des évangiles, exprimant la douleur et l'angoisse de la crucifixion.

Pourquoi avoir écrit ce chemin de croix? Pour exprimer un cri intérieur? Ou celui d´un pays débordé par la violence?